Cette année, le Jardin des Plantes s’habille d’un nouveau thème estival. Pouvez-vous nous le présenter en quelques mots ?
Le thème de cette année est « Le sentier des mondes magiques ».
Vous pourrez découvrir au jardin : un espace sur les fées, les dragons, des statues d’esprits anciens exotiques, esprits druidiques, pierres sacrées, flacons de potions, magie noire, sortilèges, cartes, ambiance cabinet de curiosité, Irlande chantée, Alice au pays des Merveilles. Tout un monde mystérieux et étrange s’invite au jardin pour faire s’évader votre esprit.
Comment choisissez-vous le thème de chaque édition ? Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?
Les réflexions sur le thème commencent en fin d’année aux alentours du mois de Novembre / décembre. On couche sur le papier toutes les idées que nous avons en tête. Cela dure quelques semaines.
A la fin de cette étape, nous étudions la faisabilité des thèmes (l’an dernier nous en avions une vingtaine) : ce qu’il est possible de réaliser en fonction des matériaux dont nous disposons, du budget alloué, des compétences et talents mais aussi du matériel déjà présent dans nos bâtiments.
Une fois le thème déterminé, la réalisation commence à partir du mois de janvier et se termine au moment des premières installations en juin. Cela mobilise plusieurs équipes et métiers durant plusieurs mois (tout en conservant les missions dites « plus traditionnelles » habituelles des agents)
Combien de temps faut-il pour imaginer puis réaliser un décor de l’ampleur du dragon par exemple ?
Ce travail a été effectué à partir de photos sélectionnées sur internet. Des croquis sont d’abord réalisés puis petit à petit l’ossature est créée. 2 personnes ont travaillé sur ce projet durant environ 300 heures, des métalliers du centre technique municipal.
Ensuite, deux agents du service espaces verts réalisent la partie végétale (pose d’un grillage, mise en place du terreau, plantation des végétaux, arrosage) ce qui prend une semaine.
L’an dernier pour le Mont-Saint-Michel, nous avions été acheter une petite maquette du Mont dans un magasin de jouets, nous l’avions montée et ensuite cela nous avait permis de la recréer beaucoup plus grande à l’échelle avec le petit modèle sous les yeux.
Quelles plantes, fleurs ou essences ont été privilégiées cette année, et pourquoi ?
La première chose à savoir c’est que toutes les plantes sont produites dans nos serres communales, elles sont formées et préparées pour être installées au jardin. A la fin de la saison estivale, elles sont retirées, nettoyées et remises en terre dans les serres pour être utilisées l’année suivante. Les boutures sont réalisées également par nos jardiniers paysagistes et mises en culture pour servir l’année d’après. C’est un travail colossal mais qui permet de faire de grosses économies et également de disposer de toutes les plantes nécessaires à la réalisation des décors.
Nous produisons 250 espèces et variées différentes, mélangeant des espèces traditionnelles comme les bégonias, impatiens et des espèces plus vivaces comme coréopsis, gaura, …). Le choix est fait sur des plantes plus résistantes à la sécheresse, moins gourmandes en eau et à fort développement comme les pétunia vista (variété de surfinia à fort développement)
Quels sont les différents métiers qui participent à sa création ?
De nombreuses personnes / métiers sont mobilisés dans ce projet. Les services techniques de Coutances mer et bocage, le centre technique municipal, le service des espaces verts, le service communication, … tout le monde travaille en lien étroit pour que chaque talent soit mis à contribution.
Par exemple le grimoire face à la cour du musée a été réalisé par les ébénistes, les décors d’Alice au Pays des Merveilles ont été peints par les agents des espaces verts durant l’hiver, les soudeurs ont réalisé le dragon, la logistique pour les transferts et la mise à disposition des blocs supports, etc etc.
C’est vraiment le travail de toute une équipe multi services.
Quels sont les principaux défis techniques rencontrés lors de l’installation du décor ?
Nous faisons beaucoup de réemploi et veillons à utiliser les matériaux d’une année sur l’autre si possible afin de limiter les couts. Par exemple, les maisonnettes en bois réalisées l’an dernier pour le Mont-Saint-Michel sont à retrouver à proximité de la paillotte, autour de la fée, avec à l’intérieur des plantes aromatiques.
Pour les massifs en mosaïculture, le défi technique est comme chaque année la multiplicité des plantes qui doivent être installées. 2 personnes sont nécessaires durant plusieurs jours voire semaines pour réaliser les décors.
L’adaptation des plantations aux structures, les installations dans les arbres, la mise en cultures de certains éléments (la chaise de Narnia, les méduses, …) représentent des défis importants, mais nous arrivons à relever.
La mise en place et le fonctionnement de la fumée du dragon ont été un challenge spécial cette année, en veillant à respecter les contraintes budgétaires.
Les conditions météo ont été cet année très handicapantes (fortes chaleurs, terres sèches) et ont aussi fortement pesé dans la balance.
Une fois le décor en place, quel entretien demande-t-il tout au long de l’été pour conserver toute sa beauté ?
Certains décors / massifs ne demandent que peu d’entretien, si ce n’est l’entretien habituel désherbage et arrosage qui est déjà prenant ; Mais les massifs en Mosaïculture nécessitent une attention particulière. En effet, le principe même de ces massifs est qu’ils représentent un décor particulier. Aussi, en fonction des essences de plantes qui y sont intégrées, il est nécessaire de procéder à la taille des plantes de manière régulière : Toutes les 2 à 3 semaines (suivant les massifs) les plantes sont taillées afin de garantir que le décor reste bien visible.
Comment adaptez-vous le jardin face aux fortes chaleurs ou aux épisodes de pluie ?
Pour réduire l’impact des sècheresses, l’ensemble des massifs est paillé avec de la coque de cacao ou de la paillette de chanvre.
Les arrosages se font à partir de 6h du matin afin de garder la fraîcheur au maximum.
Les horaires des jardiniers sont adaptés en fonction de la météo, nous nous adaptons aux changements climatiques.
Avez-vous intégré cette année des pratiques particulières en faveur de la biodiversité ou de la gestion durable des espaces verts ?
Les évolutions pour la biodiversité et la gestion différenciée sont mises en place depuis plusieurs années au jardin et dans nos pratiques pour tous les décors de la ville. Les tontes et débroussaillage ne sont plus systématiques aux pieds des arbres pour créer un milieu plus favorable. Nous effectuons aussi de la lutte intégrée (apport d’auxiliaires pour défendre les cultures) pour limiter les parasites ou la pose de nichoirs.
Jusqu’à quand sera-t-il possible de l’admirer au jardin ?
Le décor du jardin reste jusqu’à la fin septembre, vous avez donc tout le temps de venir l’admirer.
Une fois le décor retiré, le jardin va recevoir les chrysanthèmes et les bisannuelles pour la période hivernale et la Toussaint.
Pour le fleurissement en ville sur la place Saint Nicolas, les aménagements sont faits pour évoluer au gré des saisons (Jazz, été, toussaint et noël).
Le petit plus :
Dans la paillotte (photo ci-contre), à proximité de l’aire de jeux pour enfants, vous retrouverez des mange-debout réalisés en bois. Les tables, sont faites avec des gros troncs de bois, qui sont des morceaux du sequoia abattu l’an dernier dans le jardin. (L’arbre était malade et menaçait de s’abimer). L’arbre avait 150 ans et ainsi coupé on peut voir l’intérieur du tronc, un joli clin d’œil à cet arbre centenaire.

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