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Un jardin paisible avec une fontaine centrale, entouré d'arbres et de bancs pour se détendre.

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Jim Prod

Patrimoine naturel

Arbres remarquables

Pour les amoureux de nature

AU SUJET DES ARBRES ET DE L’INVENTAIRE DU PATRIMOINE ARBORÉ : DANS LE DÉPARTEMENT DE LA MANCHE

LA COMMUNAUTÉ DES ARBRES

Dans le département de la Manche, ils forment une communauté extraordinaire identifiée au fil des inventaires successifs menés par le C|A.U.E de la Manche, en collaboration avec des associations de protection du Patrimoine et de l’Environnement, des professionnels dans le domaine de l’arboriculture, les collectivités et institutions, des élus, des responsables techniques, jardiniers et arboristes des villes et des villages, des femmes et des hommes les observant avec attention et prenant soin d’eux ; propriétaires, voisins, promeneurs… Amis des arbres.

DES ARBRES ET DES LIEUX, DES MILIEUX AUX PAYSAGES

Présents dans les cours d’école, aux abords d’une église ou d’une chapelle, à un carrefour, sur la route d’un village à l’autre, dans un parc, celui d’un château, ou celui d’une ville, sur une petite place ou dans un square aux abords de la mairie, ou encore dans un champ, un jardin, sur le bord d’un chemin creux…. Chacun d’entre eux émerge dans le paysage manchois, contribuant à sa composition. Ils forment le paysage et accompagnent nos vies, nos déplacements, nos respirations. Ce sont des êtres à part bien utiles à chacun d’entre nous, absorbant l’eau du sous-sol et la restituant sous forme de vapeur d’eau, apportant un ombrage, contribuant à limiter l’érosion des terres arables, favorisant la biodiversité par la protection, l’abri et le couvert qu’il apportent à la faune et à la flore. Ces êtres vivants accompagnent nos rêves et contemplations et nous interpellent dans nos actions quotidiennes, de la maison au travail, à l’école, du hameau au village, du centre-bourg à la périphérie… Ils nous saluent au passage et nous étonnent : là des fleurs, là un feuillage pourpre ou persistant, là une écorce lumineuse, ou là encore une fructification généreuse et celui-ci une architecture singulière nous faisant signe, à nous et à d’autres !

 

L’INVENTAIRE DU PATRIMOINE ARBORÉ DU DÉPARTEMENT DE LA MANCHE

L’inventaire du patrimoine arboré accompagné depuis 1998 par le C|A.U.E de la Manche a permis d’identifier 258 ifs parmi lesquels une dizaine d’ifs séculaires, et aussi d’étudier sur le terrain 453 arbres parmi 667 arbres signalés par les habitants et acteurs du territoire, de rencontrer leurs propriétaires et gestionnaires et contribuer à distinguer 115 Arbres remarquables de la Manche en raison de leurs dimensions, de leur âge, de leurs valeurs historiques, sociales, culturelles et paysagères de leur rareté botanique, de leur rôle dans le paysage comme repère, de leur intérêt écologique, leur rôle bioclimatique. Pour l ‘une ou l’autre des raisons ou plusieurs à la fois, ces arbres occupent une place extraordinaire. Et ils nous invitent à observer tous les autres, les arbres d’avenir et les arbres prometteurs qui, dès aujourd’hui , interagissent avec chacun d’entre nous. Prenons soin d’eux et partageons-en la connaissance.

LE PATRIMOINE ARBORÉ DU TERRITOIRE COUTANCES MER & BOCAGE

Grâce à ces actions d’inventaire et à leurs contributeurs, les propriétaires de ces arbres, une quarantaine d’arbres, d’ifs à arbres de différents genres, espèces et variétés, ont été observés dans le détail sur le territoire de Coutances Mer&Bocage. Ces arbres constituent un patrimoine vivant. Ils témoignent d’un contexte et d’une situation dans un paysage. Ils y tiennent un rôle et, par leur présence, en partagent une partie de l’histoire. Ils expriment la rencontre avec un milieu et le fruit du hasard ou d’un projet. Ils étaient là, ils sont là, sous nos yeux, bien vivants et seront encore là, si nous les observons bien. Ils nous accompagnent et apportent protection.

Parmi les arbres de ce territoire entre mer et bocage, certains témoignent du lien avec un lieu, par leur nature et leur histoire, leur adaptation au paysage. Quelques-uns tiennent un rôle pour le paysage et ses composantes, en interaction avec eux. Et enfin, d’autres révèlent une histoire par leurs singularités et les liens qu’ils établissent avec le patrimoine bâti et paysager.

En découvrant ces arbres, veillez à eux et respectez leurs milieux et lieux de vie, leurs habitants. Merci.

Sur le chemin, vous pourrez découvrir un arbre remarquable de France, des arbres remarquables de la Manche et des arbres inventoriés. Une carte vous accompagne dans leur découverte, au fil de circuits de promenade, ou à proximité, l’occasion d’un détour. Les arbres sont intéressants à découvrir pour eux-mêmes et le paysage qu’il partage ! Belle découverte !

DES ARBRES DANS UN PAYSAGE, UN MILIEU

Témoin du lien avec un lieu, par sa nature et son histoire, son adaptation au paysage.

L’if commun (Taxus baccata L.) de l’enclos-village paysage de Nicorps

Par son implantation à l’Ouest du portail occidental, l’if commun protège l’église Saint Corneille de Nicorps des vents venus de la mer. Son architecture en révèle les effets par l’anémomorphose de sa cime. Sa silhouette raconte les vents réguliers la façonnant par l’action sur les rameaux et les tempêtes ayant brisé des charpentières, comme l’ouragan de 1987, et dans une moindre mesure, la tempête de 1999. Cet arbre indique aussi son grand âge, par son architecture, la puissance de son tronc, le déploiement de ses charpentières et les mouvements de son écorce. Cet if exprime discrètement la physiologie de son essence qui, au déploiement de l’architecture de ses branches, associe l’ancrage intérieur de racines aériennes. Si vous le regardez de près, vous observerez ces mouvements à la surface du tronc vers le haut et vers le bas. Ce vieil arbre de Normandie, photographié par Henri-Gadeau de Kerville le 11 juin 1930, apporte sa protection au lieu et à l’édifice, avec la complicité des générations de femmes et d’hommes qui ont pris soin de lui. L’arbre fait corps avec l’édifice, le protégeant des vents, de la pluie et du soleil, face au grand paysage, celui de Coutances dans son bocage.

Le saule fragile (Salix fragilis L.) en bordure du havre, à Regnéville-sur-Mer

Les Arbres remarquables sont intéressants dans leurs liens avec le paysage comme le saule de Regnéville connu de tous, car à l’interface des herbus et du village de Regnéville-sur-Mer, sur le parking face à la boulangerie et sur le trajet du sentier du littoral. Cet arbre est beau, là dans ce contexte exposé aux vents et aux embruns. Il y est adapté et nous offre le miroir de ses feuilles, tantôt glaise tantôt ciel oscillant. Il est là unique et vertical dans ce paysage qui tend à l’horizon, au-devant du village et de ses maisons.

Les tulipiers de Virginie (Liriodendron tulipier L.) à l’Abbaye d’Hambye

L’eau dicte le fil de vie des arbres d’eau comme les tulipiers de Virginie. C’est l’eau qui a conduit à les introduire aux abords de l’Abbaye d’Hambye. Ces arbres venus d’ailleurs, d’Amérique du Nord, des rives des cours d’eau de l’Arkansas jusqu’au Sud du Canada sont réputés pour apprécier les sols frais et fertiles, toutefois bien drainés. C’est par un jeu de rapprochement, l’essence étant adaptée à ce contexte et s’étant illustrée dans l’histoire de France, dans le parc du château de Versailles, qu’ils ont trouvé place pour délimiter le verger situé entre le bâtiment conventuel, l’église abbatiale et la retenue qui barre un ancien bief de l’Abbaye. Ils apportent l’agrément de leurs feuillages et floraisons au paysage patrimonial de l’abbaye dans la vallée de la Sienne.

Le platane d’Orient (Platanus orientalis L.) du parc du château de Cerisy-la-Salle

L’eau a sans doute conduit Joseph RICHIER, seigneur de Cerisy, à partir de 1756 ou plus tard après 1891, Marguerite MAHOU et Gaston PARIS, à introduire cet arbre dans le paysage du parc du château. Le soin est apporté d’accueillir cet arbre venu d’ailleurs dans le bocage faisant l’écrin du château. Originaire du Proche-Orient, il est habitué des ravins humides et des rives des fleuves. Ici, massif par son tronc, merveilleux par son écorce et son feuillage, ses fructifications, il a trouvé place dans ce paysage d’eau, le surplombant, à flanc de coteau, non pas par hasard, mais avec l’idée de composition du paysage, d’un principe d’harmonie d’un arbre avec un paysage et son patrimoine bâti, d’une symbiose…

DES ARBRES, PATRIMOINE VIVANT

Être vivant tenant un rôle pour le paysage et ses composantes, en interaction avec eux.

Le peuplier noir (Populus nigra L.) sur le chemin des Banques à Agon-Coutainville

Les arbres sont connectés aux autres arbres, aux autres végétaux par leurs natures végétales et leurs implantations comme le peuplier noir situé dans un herbage, en bordure d’une charrière. Il est là en raison de la fraîcheur de la prairie, de son sous-sol sablonneux et de l’eau toute proche, en sous-face du sol. Sur la période de végétation, il est une formidable pompe à eau. Il élève sa cime, accueillant les oiseaux, ceux des hauteurs et ceux des buissons, dans le lien avec les haies bocagères clôturant le champ. Car cet arbre dialogue avec son environnement, prêtant son tronc creux d’arbre têtard aux insectes xylophages et aux oiseaux cavernicoles… Il apporte aussi sa protection, son couvert contre la pluie et son ombre contre le soleil aux animaux d’élevage. Seul, il n’est rien, avec eux, il est tout : un peuplier noir emblématique des paysages arrière-littoraux ; une espèce à préserver de toute urgence.

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Le chêne (Quercus rober L.) le long de la voie ferrée, à Orval

Cet arbre monumental est là, entre deux choses, entre la voie ferrée et un lotissement du bourg d’Orval. Lui a été déconnecté par l’aménagement du territoire. Tout lui a tourné le dos, l’enclavant, et depuis bien longtemps. Mais c’était oublier le point de vue depuis le train ! Son tronc est si gros qu’il a presque rejoint le talus de l’autre côté de ce qui devait être autrefois un petit chemin. L’histoire ne s’arrête pas là ! Ce chêne servait de repère (c’est dire s’il était déjà bien gros) aux mécaniciens des trains lorsqu’ils étaient encore à traction vapeur. Lorsqu’ils l’apercevaient, ils mettaient les gaz pour franchir la côte vers Saint-Lô ! C’est un arbre extraordinaire, un très vieil arbre qui n’a pas dit son dernier mot. Prenons soin de lui.

Les ifs (Taxus baccata L.) de l’enclos-village de Montcuit et ceux du calvaire de Courcy

Une fois l’enclos du cimetière franchi, après le tourniquet en bois peint, le regard glisse vers le porche de l’église Saint-Martin situé un peu plus bas, sous la frondaison des thuyas géants et d’un if prometteur. Au passage, le regard s’accroche à cet arbre massif et à son tronc élevé. Il s’élève vers sa couronne ramifiée. Il règne, en ce lieu, une ambiance forestière comme une protection. L’if en est le cœur. Il s’élève et s’étire, très régulier, frôlant, à son extrémité Sud-Est, la tour-clocher de l’église. Cet arbre nous fait le signe des forêts dont l’essence est originaire. Il nous rappelle aussi que ces arbres ont trouvé place dans les paysages au fil des rites funéraires païens du peuple celte. Ils confiaient à cet arbre le soin du passage de la vie à la mort. Il protégeait les sépultures puis a accueilli les chapelles chrétiennes nouvellement bâties au Moyen-Âge. Ces arbres sont compagnons des paysages et des hommes.

DES ARBRES REPÈRES ET SIGNES D’UNE HISTOIRE DU TERRITOIRE

Repère et signe, il révèle une histoire par ses singularités et les liens qu’il établit avec le patrimoine bâti et paysager.

Le chêne vert (Quercus ilex L.) du parc du manoir d’Heugueville-sur-Sienne

Ces arbres venus d’ailleurs s’adaptent et font partie du paysage manchois. Ils coexistent avec eux depuis des centaines d’années comme ce chêne vert à Heugueville-sur-Sienne, sur le rebord du coteau bordant la vallée du fleuve côtier. Sa couronne forme une voûte au-dessus de la petite route de campagne. Il déploie ses charpentières puissantes et forme un houppier ample et étalé. Cet arbre est majestueux. Le découvrir est extraordinaire et le voir si bien adapté, s’y multipliant par ses semis rassure sur les relais possibles de cette espèce, renouvelant la palette des arbres au regard des évolutions du climat.

Le chêne vert (Quercus ilex L.) au carrefour des rues des docteurs Dudouyt et du Palais de Justice

Peut-être est-il lui aussi l’un des 700 pieds de chênes verts commandés par Jean-Jacques Quesnel-Morinière (voir Pour poursuivre… les chênes verts du manoir d’Heugueville-sur-Sienne) ? Cet arbre était présent dans un jardin. Beaucoup de choses ont vacillé autour de lui lors des bombardements de la Libération, depuis la ville aura été reconstruite et lui, toujours, sur le passage et dans le carrefour, repère dans la ville !

DES ARBRES REPÈRES ET SIGNES D’UNE HISTOIRE DU TERRITOIRE

Repère et signe, il révèle une histoire par ses singularités et les liens qu’il établit avec le patrimoine bâti et paysager.

Le chêne vert (Quercus ilex L.) dans le jardin des plantes

C’est l’un des 700 pieds commandés par Jean-Jacques Quesnel-Morinière à la pépinière Transon – Gambault et Dauvesse et livrés le 27 février 1842 (voir Pour poursuivre… les chênes verts du manoir d’Heugueville-sur-Sienne). Jean-Jacques Quesnel-Morinière était en effet propriétaire du lieu, avant qu’il ne le confie à la ville pour qu’il devienne un jardin des plantes et le lieu que nous découvrons aujourd’hui. Cet arbre a les traits du chêne du parc du manoir d’Heugueville-sur-Sienne. Lui aussi forme une voûte au-dessus de l’allée, puissant et protecteur pour le lieu et les promenades.

Les autres arbres du jardin des plantes de Coutances

Joseph TOUSSAINT, prêtre et écrivain de la Manche, écrivait au sujet des arbres du jardin des plantes de Coutances « La voix grave des arbres puissants et vénérables y mène les chants de fond, y soutient, d’un souffle prolongé, les durables points d’orgue. Ils sont depuis les origines du jardin, et peut-être même certains remontent aux Poupinel…:… Leurs troncs massifs, leur épaisse ramure, leur hauteur trahissent leur âge avancé. Ce sont les géants et les rois du domaine, les solistes barytons et basses de ce choral. »

Le cèdre du liban (Cedrus libani L.)

Cet arbre majestueux faisant l’objet de toutes les attentions est un vieil arbre, dont la présence dans le lieu est antérieure à la conception du parc de 1853 à 1854 par Adèle Sébastien Minel, aquarelliste. En effet, un état des lieux réalisé en 1854 indique l’existence, avant les travaux, de deux cèdres du Liban et d’arbres verts, sans doute les chênes verts commandés par Quesnel-Morinière en 1842. L’autre cèdre a disparu depuis. Et ce cèdre appartenant au lieu depuis longtemps est le témoin de l’histoire du lieu, des histoires qui s’y lient, des rencontres, des pauses le temps d’un déjeuner, des flâneries et promenades émerveillées, des fêtes, des oiseaux qui se perchent sur ses charpentières ! Le découvrir dans le paysage du parc est toujours merveilleux et rassurant, tant cet arbre est protecteur.

DES ARBRES REPÈRES ET SIGNES D’UNE HISTOIRE DU TERRITOIRE

Repère et signe, il révèle une histoire par ses singularités et les liens qu’il établit avec le patrimoine bâti et paysager.

Les tulipiers de Virginie (Liriodendron tulipifera L.) du jardin des plantes de Coutances

Pour poursuivre… Depuis ces arbres et leur essence ont très certainement trouvé place dans le paysage du jardin des plantes de Coutances sous le pinceau d’Adèle Sébastien Minel (voir Pour poursuivre… Le cèdre du liban du jardin des plantes de Coutances), aquarelliste voulant apporter à sa composition les couleurs automnales de cette essence, son feuillage jaune d’or ainsi que la présence et l’imposante architecture de ces arbres venus de l’état de Virginie, aux États Unis. Cette essence est introduite dans les parcs et jardins en France, dès le début du XVIIème siècle, et notamment au Petit Trianon, à Versailles en 1771.

Un arbre peu commun dans un jardin, à la campagne

Le sophora pleureur (Sophora japonica ‘Pendula’ Loud.) dans un jardin, à Agon-Coutainville

Ce petit arbre est étonnant, là dans le paysage de ce jardin. Il est de belle venue et naturellement mystérieux. Ses dimensions ne sont pas celles du Sophora du Japon pleureur d’Arnouville dans le Val d’Oise (3,40m à 1m du sol contre, pour cet arbre, à 1,30m du sol 1,16m). Néanmoins, il est rare d’en rencontrer d’aussi beaux dans le département, dans un jardin de campagne ! Quel érudit l’a introduit au milieu de ce qui était un jardin potager, au centre des carrés ? Un jardinier du jardin des plantes de Coutances ? Un membre de la Société d’Horticulture, un amoureux des arbres ? Quelle rencontre l’a planté ici ?! Est-ce l’émerveillement d’en avoir découvert un dans un parc ou la curiosité conduisant à l’acheter à l’occasion d’une foire agricole auxquels participaient les nombreux pépiniéristes de ce territoire ? Est-ce un ami jardinier qui l’aurait offert ? Il est là depuis une centaine d’années, dans la composition du jardin. Le cadastre napoléonien figure une autre organisation du lieu et du bâti en 1830. C’est peut-être à l’occasion d’un remaniement postérieur à cette date que cet arbre y trouva place ? Regardez-le et il vous rendra heureux pour tout ce qu’il raconte !

Pour les amoureux de nature

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