Le Parc-l’Evêque, un petit coin de paradis à visiter…

25 juillet 2010.

Samedi 31 juillet à 14 h 30
Rendez-vous Place de la Croûte

A l’Est de Coutances, un long espace de verdure s’étale dans la vallée du Prépont. C’est le Parc-l’Evêque, un des très rares parcs médiévaux conservés en Europe. Et, sous les frondaisons, se cachent bien sûr quelques trésors…

On dit qu’au 11e siècle, l’évêque Geoffroy de Montbray, après avoir fait appel à la générosité des Tancrède de Hauteville, originaires du Coutançais et partis se tailler un royaume en Italie du Sud –, se retrouva avec finalement plus d’argent qu’il ne lui en fallait pour mener à bien la construction de la cathédrale de Coutances. Il décida donc de créer une vaste réserve de chasse réservée à son usage.

Sur une centaine d’hectares, on y élevait des cervidés, pour lesquels un bois de haute futaie avait été spécialement planté. Deux étangs servaient de viviers pour les poissons. Ce vaste jardin d’agrément était clos d’une muraille percée de quatre portes, une à chaque point cardinal, suivant la représentation médiévale du Paradis.

Pendant plus de 700 ans, cet enclos n’allait s’ouvrir qu’à de rares privilégiés, restant la propriété des évêques de Coutances jusqu’à la Révolution.

Si l’on conserve le souvenir d’un castel de bois antérieur, il n’en reste rien. Cependant, à son emplacement supposé près du ruisseau, l’observateur attentif remarque une surprenante concentration de briques : peut-être les restes d’un château utilisé par les Anglais lors de l’occupation de Coutances entre 1418 et 1449. Le site permettait en effet de surveiller l’entrée nord de la ville, aux abords de l’actuelle route de Saint-Lô. Ont disparu également une chapelle et deux des portes du parc. Le logis actuel date du 17e siècle.

En revanche, deux vestiges tout aussi précieux qu’étonnants subsistent. Près d’une portion de muraille conservée, sous des feuillages, on croit voir un tas de cailloux ; c’est en fait le sommet d’un grand œuf de pierre, littéralement et profondément immergé dans le sol : la glacière, bâtie au 17e siècle. On y puisait la glace, maintenue fraîche tout l’été, et pilée avec des fruits, cela faisait d’excellents sorbets…

Un peu plus loin, près du pont sur la rivière, on entre dans une sorte de grotte miniature, et là, sur les murs coulent des traînées de roux et de verts, qui tiennent aussi bien de l’art rupestre que de l’abstraction contemporaine. Au fond, une vasque avec de l’eau au fort goût métallique. La source qui ressurgit là – on la dit d’ailleurs un peu miraculeuse – est en effet riche en fer.

C’est ce monde qui s’est ouvert une première fois aux Coutançais pendant la période révolutionnaire. Pour quelques temps, le parc de l’évêque devint le premier jardin public de la ville. A la Révolution, l’ensemble fut divisé en parcelles et acheté par six propriétaires qui le transformèrent en terrains agricoles.

Depuis les années 1980, une famille de passionnés y a réintroduit des biches et des daims, que l’on peut apercevoir au détour d’un taillis ou près de l’étang où miroite le ciel.

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